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Marchés

L’or, une vraie valeur refuge ?

Ce que l’or rapporte vraiment, ses grandes hausses et ses longues baisses depuis 1971, et son comportement pendant les crises.

  • 29 septembre 2026
  • 5 min de lecture
  • 3 questions

Quand les marchés s’inquiètent, l’or revient dans toutes les conversations. Il a traversé les siècles, ne peut pas faire faillite et ne dépend d’aucune entreprise. Mais « valeur refuge » ne veut pas dire placement sans risque, et son histoire récente le montre clairement.

1.Un actif qui ne verse rien

Une action verse des , une obligation des intérêts. L’or, lui, ne produit rien : votre gain dépend uniquement du prix auquel quelqu’un voudra vous le racheter. C’est sa force en période de crise, puisqu’il ne dépend des résultats de personne, et sa faiblesse sur le long terme, puisqu’il ne fait pas travailler votre argent.

Cela explique aussi son lien avec les taux d’intérêt. Quand les placements sans risque rapportent nettement plus que l’inflation, garder un métal qui ne rapporte rien a un coût, et l’or a tendance à en souffrir. Quand les , c’est-à-dire les taux diminués de l’inflation, sont bas ou négatifs, ce manque à gagner disparaît. Ce n’est qu’une tendance : d’autres acheteurs, comme les banques centrales, pèsent aussi sur le prix.

2.Ce que dit l’histoire

Jusqu’en 1971, le dollar était convertible en or au prix fixe de 35 $ l’once pour les banques centrales étrangères. Le 15 août 1971, le président Nixon suspend cette convertibilité : c’est la fin du lien entre le dollar et l’or, dont le cours va désormais évoluer au gré du marché. Il connaît depuis de très longues périodes de hausse… et de baisse.

PériodeMouvement de l’or, en dollars
1971 → janvier 1980De 35 $ à environ 850 $ l’once, sur fond de forte inflation
1980 → 1999Baisse jusqu’à environ 250 $, soit près de −70 %
2001 → 2011Hausse jusqu’à environ 1 900 $
2011 → 2015Baisse jusqu’à environ 1 050 $, soit près de −45 %

Un investisseur qui avait acheté au sommet de janvier 1980 a dû attendre 2008 pour retrouver son prix d’achat en dollars, alors que les prix à la consommation américains avaient entre-temps plus que doublé. En pouvoir d’achat, sa perte restait donc considérable.

3.Un refuge qui ne protège pas à tous les coups

Dans certaines crises, l’or a joué son rôle. En 2008, il termine l’année en légère hausse en dollars, alors que les actions mondiales s’effondrent. Mais au cœur de la panique, il a lui aussi baissé, d’environ 30 % entre mars et octobre 2008 : les investisseurs vendaient tout ce qu’ils pouvaient pour obtenir des liquidités. Le même scénario s’est répété en mars 2020, avec une baisse de plus de 10 % en une dizaine de jours, avant un record historique en août.

Contre l’inflation, le bilan est mitigé. Sur très longue période, l’or a plutôt préservé le pouvoir d’achat, mais avec des écarts énormes : entre 1980 et 1999, les prix ont continué de monter pendant que l’or perdait plus des deux tiers de sa valeur. Enfin, l’or est volatil : ses variations annuelles sont souvent du même ordre que celles d’un indice d’actions.

4.Comment en détenir

  • Pièces et lingots. Vous possédez le métal sans intermédiaire, mais l’écart entre prix d’achat et prix de revente est élevé, et il faut le stocker et l’assurer.
  • Fonds cotés adossés à de l’or physique. En Europe, ils prennent le plus souvent la forme d’ETC, car les règles des ETF limitent l’investissement dans une seule matière première. Ils s’achètent en bourse sur un compte-titres, pas dans un PEA, avec des frais annuels.
  • Actions de sociétés minières. Elles peuvent verser des dividendes, mais ajoutent les risques propres à chaque entreprise, et varient souvent plus fortement que l’or lui-même.

Ceux qui détiennent de l’or le considèrent en général comme une petite poche de diversification, qui se comporte différemment des actions et des obligations, plutôt que comme le moteur de leur patrimoine.

Quiz · 3 questions

Testez-vous

  1. Question 1 sur 3

    Que rapporte l’or à son détenteur, en dehors de la variation de son prix ?

  2. Question 2 sur 3

    Combien de temps un acheteur au sommet de janvier 1980 a-t-il attendu pour retrouver son prix en dollars ?

  3. Question 3 sur 3

    Qu’a fait l’or au plus fort de la panique de l’automne 2008 ?

Répondez aux questions pour terminer la leçon. Sans compte, la progression reste sur cet appareil

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