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Pourquoi une baisse de 50 % demande une hausse de 100 %

Les pertes et les gains ne se compensent pas. Ce que cette asymétrie a coûté lors des grands krachs, et comment en tenir compte.

  • 27 octobre 2026
  • 4 min de lecture
  • 3 questions
Sommaire 4 parties

Votre placement perd 50 %, puis regagne 50 %. Vous êtes revenu à votre point de départ ? Non : vous avez encore perdu un quart de votre argent. 1 000 € deviennent 500 €, et 500 € qui montent de 50 % ne font que 750 €. Pour revenir à 1 000 €, il aurait fallu une hausse de 100 %.

1.Le calcul, une fois pour toutes

Une perte se mesure par rapport à la somme de départ, la hausse qui doit la rattraper par rapport à la somme qui reste, plus petite.

Hausse nécessaire = 1 ÷ (1 − perte) − 1

PerteCe qu’il reste de 1 000 €Hausse nécessaire pour revenir à 1 000 €
−10 %900 €+11 %
−25 %750 €+33 %
−50 %500 €+100 %
−80 %200 €+400 %

Les petites pertes se rattrapent presque à l’identique. Plus la perte est profonde, plus l’effort pour la combler grandit vite.

2.Ce que cela a donné lors des grands krachs

Voici les pires baisses de l’ETF SPY, qui suit le S&P 500, et de l’ETF QQQ, qui suit le Nasdaq 100, calculées sur leurs cours de clôture quotidiens, réinvestis, en dollars.

ÉpisodeBaisse maximaleHausse nécessaireRetour au sommet précédent
S&P 500, bulle internet (2000-2002)−47 %+90 %Octobre 2006, plus de six ans après le sommet
S&P 500, crise financière (2007-2009)−55 %+123 %Août 2012, près de cinq ans après le sommet
S&P 500, Covid (2020)−34 %+51 %Août 2020, moins de six mois après le sommet
Nasdaq 100, bulle internet (2000-2002)−83 %+488 %Février 2015, près de quinze ans après le sommet

Le Nasdaq 100 de 2000 montre l’asymétrie dans toute sa violence : après une chute de 83 %, il a fallu presque multiplier par six la valeur restante, et attendre près de quinze ans. Celui qui avait tout investi au sommet de mars 2000 n’a retrouvé son capital qu’en 2015.

3.Une action seule peut ne jamais remonter

Un indice large finit par remplacer les entreprises qui disparaissent par celles qui réussissent. Une seule n’a pas cette chance : une entreprise qui fait faillite ne remonte pas, et beaucoup de valeurs vedettes d’un krach n’ont jamais retrouvé leur sommet. C’est l’une des raisons pour lesquelles une perte de 80 % sur une ligne concentrée est beaucoup plus grave que la même perte, temporaire, sur un indice mondial.

4.Ce que l’on peut en tirer

  • Éviter les très grosses pertes compte plus que viser les très gros gains. Une perte de 20 % se rattrape avec +25 % ; une perte de 60 % demande +150 %.
  • Diversifier, entre actions, et entre actions et placements prudents, limite la profondeur des baisses.
  • Garder un horizon long pour l’argent placé en actions : les rattrapages se comptent parfois en années.
  • Ne pas vendre au creux : celui qui a vendu en mars 2009 a encaissé la baisse sans profiter de la remontée.

Quiz · 3 questions

Testez-vous

  1. Question 1 sur 3

    Un placement perd 50 %, puis gagne 50 %. Où en est-il par rapport à son départ ?

  2. Question 2 sur 3

    Après une perte de 80 %, de combien faut-il que la valeur restante monte pour revenir au départ ?

  3. Question 3 sur 3

    Pourquoi une perte de 80 % sur une action seule est-elle plus grave que sur un indice large ?

Répondez aux questions pour terminer la leçon. Sans compte, la progression reste sur cet appareil

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