Programme du parcours 0/10
Un robot a passé tous les tests : propre, walk-forward convaincant, quelques mois de réussis. Deux ans plus tard, il ne gagne plus rien. C’est le sort de beaucoup de stratégies, et ce n’est pas forcément une erreur de conception : les stratégies s’usent.
1.Ce que dit la recherche
En 2016, deux chercheurs, David McLean et Jeffrey Pontiff, ont repris 97 anomalies de marché publiées dans des revues académiques : des règles qui, sur le papier, battaient le marché. Ils ont mesuré ce qu’elles rapportaient avant et après leur publication.
| Période | Rendement par rapport à la période étudiée par les auteurs |
|---|---|
| Hors de l’échantillon, avant publication | Environ 26 % plus faible |
| Après la publication | Environ 58 % plus faible |
La première baisse vient en partie du surapprentissage : une partie du résultat n’existait que dans les données testées. La seconde vient des investisseurs qui, une fois la règle connue, l’appliquent à leur tour et font disparaître l’avantage.
2.Les trois causes de l’usure
- La concurrence : un avantage connu attire des capitaux, qui achètent avant vous et réduisent le gain.
- Le changement de régime : une stratégie née dans un monde de taux en baisse peut cesser de marcher quand les taux remontent, ou quand les règles de marché changent.
- La foule : quand beaucoup de robots suivent la même idée, ils vendent tous en même temps au premier choc.
3.Se protéger : plusieurs stratégies peu liées
On ne peut pas empêcher une stratégie de s’user. On peut éviter d’en dépendre entièrement :
- Combiner des stratégies peu corrélées, par exemple un suivi de tendance et un retour à la moyenne, qui souffrent rarement en même temps.
- Fixer à l’avance un critère d’arrêt : une perte maximale, ou une durée sans nouveau plus haut, au-delà de laquelle on suspend le robot pour le réexaminer.
- Garder une part de l’épargne en gestion simple, un ETF diversifié, qui n’a pas besoin d’avantage pour fonctionner.