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Du signal au robot : le trading algorithmique

Passer au réel : exécution et garde-fous

Objectif : Prévoir ce qui change entre la simulation et le marché réel, et installer les garde-fous avant le premier ordre.

  • Avancé
  • 6 min
  • 4 questions
  • Leçon 5 sur 10
Programme du parcours 0/10

Un robot qui brille en et en n’a pas encore affronté le vrai marché. Entre le signal et le compte, il y a un courtier, un carnet d’ordres, des données en direct, une connexion réseau et du code. Chacun de ces maillons peut coûter de l’argent. Passer au réel, c’est prévoir ces frottements et ces pannes avant qu’ils arrivent.

1.Le prix du backtest n’est pas le prix obtenu

Un backtest suppose souvent que l’ordre s’exécute au cours affiché. En réalité, vous achetez au prix du vendeur, vous vendez au prix de l’acheteur, et le cours a parfois bougé entre la décision et l’exécution. Cet écart, le , reste minime sur une grande action très échangée ; il devient lourd sur un petit titre, à l’ouverture ou dans un marché agité.

Le choix du type d’ordre, détaillé dans la leçon Les types d’ordres, devient une règle de la stratégie à part entière.

Ordre au marchéOrdre à cours limité
ExécutionCertaineIncertaine, parfois partielle
PrixIncertainMaîtrisé
Risque pour le robotPayer cher dans un marché qui s’emballeManquer l’opération, ou n’en exécuter qu’une partie
À prévoir dans le codeUn prix plafond de sécuritéLe sort d’un ordre non servi en fin de séance

La taille compte aussi. Un ordre qui pèse une part notable des échanges quotidiens d’un titre fait lui-même bouger le prix. Une règle simple : limiter chaque ordre à une petite fraction du volume moyen échangé.

2.Latence et données : les pannes ordinaires

La latence est le délai entre un événement de marché et l’arrivée de votre ordre. Pour une stratégie qui décide une fois par jour, quelques secondes ne changent presque rien. Les vrais dangers sont plus banals : une donnée manquante, un flux de cours figé depuis une heure sans que personne le remarque, un décalage d’horaire, un jour férié oublié, un ordre envoyé deux fois après une coupure réseau.

Chaque jour, le robot devrait aussi comparer ses positions à celles que le courtier affiche réellement. Un écart signale un ordre perdu, doublé ou exécuté à moitié.

3.Coupe-circuit et arrêt d’urgence

Un robot doit avoir des limites qu’il ne peut pas franchir, quoi que disent ses règles :

  • une perte maximale par jour, au-delà de laquelle il cesse d’ouvrir des positions ;
  • une perte maximale depuis le dernier sommet du compte, sur le modèle du coupe-circuit présenté dans la leçon Espérance de gain, stops et coupe-circuit ;
  • un nombre maximal d’ordres par jour, pour bloquer une boucle folle ;
  • une taille maximale par position et une exposition totale maximale.

Ce n’est pas de la prudence théorique. Le 1er août 2012, la société américaine Knight Capital a perdu environ 440 millions de dollars en 45 minutes : un logiciel mal déployé envoyait des millions d’ordres non voulus, et rien ne l’a arrêté à temps. Les bourses ont d’ailleurs leurs propres coupe-circuit : à Wall Street, une chute de 7 % du S&P 500 dans la séance peut suspendre les échanges sur tout le marché pendant 15 minutes.

4.Surveiller, sans tout changer

  • Tenir un journal : chaque signal, chaque ordre, chaque exécution et chaque erreur, horodatés. Sans journal, impossible de comprendre ce qui s’est passé.
  • Être alerté : quand un coupe-circuit se déclenche, quand les données s’arrêtent, quand un ordre est rejeté.
  • Comparer au paper trading et au backtest : si les résultats réels s’en écartent nettement, cherchez la cause (frais, slippage, bug) avant d’accuser le marché.
  • Ne pas retoucher les règles après chaque perte : décidez à l’avance ce qui justifie d’arrêter ou de modifier le robot.

Si vous passez un jour au réel, la démarche prudente consiste à commencer avec une petite somme, dont la perte ne vous mettrait pas en difficulté, et à n’augmenter qu’après plusieurs mois de fonctionnement conforme à ce que vous attendiez.