Programme du parcours 0/10
Le compte de résultat est un film : il raconte une année. Le bilan (balance sheet) est une photo : il montre, à une date précise, souvent le 31 décembre, ce que l’entreprise possède et comment elle l’a financé. Les deux se lisent ensemble.
1.Deux colonnes toujours égales
Le bilan se présente en deux colonnes.
- L’actif (assets) : ce que l’entreprise possède et qui doit lui servir ou lui rapporter. Les immobilisations (bâtiments, machines, brevets) servent durablement ; l’actif circulant (stocks, créances clients, trésorerie) tourne avec l’activité.
- Le passif (liabilities and equity) : d’où vient l’argent qui a financé cet actif. Soit des actionnaires, ce sont les capitaux propres ; soit des créanciers, ce sont les dettes.
Chaque euro possédé a forcément été financé par quelqu’un. D’où l’identité du bilan, qui se vérifie toujours :
Actif = Capitaux propres + Dettes
Voici le bilan d’Alpha, l’entreprise fictive de la leçon précédente, au 31 décembre, en M€.
| Actif | M€ | Passif | M€ |
|---|---|---|---|
| Immobilisations | 65 | Capitaux propres | 60 |
| Stocks | 15 | Dettes financières | 30 |
| Créances clients | 20 | Dettes fournisseurs | 20 |
| Trésorerie | 10 | ||
| Total actif | 110 | Total passif | 110 |
2.Capitaux propres et dettes
Les capitaux propres (equity) regroupent l’argent apporté par les actionnaires et les bénéfices que l’entreprise a gardés au lieu de les distribuer, les réserves. C’est le lien entre les deux documents : cette année, Alpha a gagné 9 M€ et versé 3 M€ de . Les 6 M€ restants sont venus grossir ses capitaux propres, passés de 54 à 60 M€.
Les dettes se rangent en deux familles :
- Les dettes financières : emprunts bancaires, obligations. Elles portent intérêt et ont une échéance.
- Les dettes d’exploitation : fournisseurs pas encore payés, impôts et cotisations à verser. Elles naissent de l’activité courante et, en général, ne portent pas d’intérêt.
Les analystes raisonnent souvent en dette nette : les dettes financières moins la trésorerie. Pour Alpha, 30 − 10 = 20 M€. C’est ce qu’elle devrait encore si elle utilisait tout son argent en banque pour rembourser.
3.À vous : ranger un bilan
Gamma, une boulangerie industrielle, a mélangé les lignes de son bilan. Rangez-les : les deux colonnes ne tomberont juste que si tout est à sa place.
Pour chaque ligne, choisissez : ce que l’entreprise possède va à l’actif, ce qui l’a financée va au passif.
Fours et bâtiments · 120 M€
Emprunt bancaire · 80 M€
Factures clients pas encore encaissées · 25 M€
Argent apporté par les fondateurs · 50 M€
Stocks de farine · 15 M€
Factures fournisseurs à payer · 30 M€
Marque rachetée à un concurrent · 30 M€
Bénéfices des années passées gardés dans l’entreprise · 40 M€
Argent sur le compte en banque · 20 M€
Impôts et cotisations à verser · 10 M€
Actif
Ce que Gamma possède
- Rien pour l’instant
Total0 M€
Passif
Qui a financé
- Rien pour l’instant
Total0 M€
0 ligne bien rangée sur 10.
Gamma est une boulangerie industrielle fictive. Montants en millions d’euros, au 31 décembre.
4.Le besoin en fonds de roulement
Avant d’encaisser ses ventes, Alpha achète du bois, fabrique, stocke, puis laisse à ses clients un délai pour payer. Ses fournisseurs, eux, lui laissent aussi un délai. La différence, c’est de l’argent immobilisé dans le cycle d’exploitation.
BFR = Stocks + Créances clients − Dettes fournisseurs
Pour Alpha : 15 + 20 − 20 = 15 M€. Dans un bilan réel, on y ajoute les autres créances et dettes liées à l’exploitation, comme les dettes fiscales et sociales. Le BFR peut même être négatif : un supermarché encaisse ses clients immédiatement et paie ses fournisseurs plusieurs semaines plus tard.
Pour vous exercer, l’exercice du Laboratoire Auditer les comptes d’une PME vous fait reconstituer, dans un tableur, le bilan d’une entreprise fictive et retrouver l’erreur qui l’empêche de tomber juste.