Programme du parcours 0/10
Les outils de ce parcours (marges, , dette nette, ) sont faits pour une entreprise qui fabrique ou vend quelque chose. Appliqués tels quels à une banque ou à un assureur, ils donnent des résultats absurdes. Et même entre entreprises industrielles, un même ratio ne se lit pas pareil d’un secteur à l’autre.
1.Les banques : la dette est la matière première
Pour une banque, emprunter n’est pas un financement : c’est le métier. Les dépôts des clients sont des dettes, les crédits accordés sont des actifs. Parler de dette nette sur EBITDA n’a donc aucun sens. On regarde plutôt :
| Indicateur | Ce qu’il mesure |
|---|---|
| Produit net bancaire (PNB) | L’équivalent du chiffre d’affaires : marge sur les crédits et commissions |
| Coefficient d’exploitation | Les frais de fonctionnement divisés par le PNB ; plus il est bas, mieux c’est |
| Coût du risque | Ce que la banque met de côté pour les crédits qui ne seront pas remboursés |
| Ratio CET1 | Ses fonds propres les plus solides, rapportés à ses actifs pondérés selon leur risque |
Le coût du risque est la ligne à surveiller : il est faible quand l’économie va bien, puis bondit en récession. Une banque très rentable en haut de cycle peut voir ses bénéfices fondre en un an.
2.Les assureurs : encaisser avant de payer
Un assureur encaisse les primes d’abord et paie les sinistres plus tard. Pour l’assurance dommages, l’ est le ratio combiné : sinistres et frais, divisés par les primes. Sous 100 %, l’assureur gagne de l’argent sur son métier même ; au-dessus, il perd sur l’assurance et ne gagne que par le placement des primes.
3.La distribution : un BFR négatif
Un supermarché encaisse ses clients le jour même, mais paie ses fournisseurs à 45 ou 60 jours. Son BFR est souvent négatif : ses fournisseurs financent son activité. Ses marges opérationnelles sont faibles, quelques pourcents, mais le capital employé l’est aussi. Le bon réflexe : suivre les ventes à magasins comparables et la rotation des stocks, plutôt que la marge seule.
4.Le logiciel et l’industrie lourde, deux extrêmes
- Le logiciel : marge brute souvent supérieure à 70 %, presque pas de stocks, peu d’usines. On regarde la part de revenus récurrents (abonnements) et le taux de clients qui partent chaque année. Mais attention aux rémunérations versées en actions, une vraie charge que certains indicateurs ajustés retirent.
- L’industrie lourde (acier, chimie, automobile) : des usines coûteuses à renouveler, donc des investissements élevés. L’EBITDA flatte ces entreprises : c’est le cash-flow disponible, après investissements, qui compte. Leurs résultats suivent aussi le cycle économique.