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Construire son portefeuille

Investir chaque mois pendant la crise de 2008

Objectif : Mesurer, sur les vrais cours, ce que rapporte le fait de continuer à investir pendant un krach, et ce que coûte l’arrêt.

  • Débutant
  • 7 min
  • 4 questions
  • Étude de cas, leçon 10 sur 10
Programme du parcours 0/10

Le 9 octobre 2007, le S&P 500 termine à un record. Dix-sept mois plus tard, le 9 mars 2009, il a perdu 57 %. Entre les deux, la faillite de Lehman Brothers, des banques sauvées par les États, des journaux qui parlent de la pire crise depuis 1929.

Cette étude suit quatre épargnants qui ont tous décidé, en octobre 2007, d’investir dans le S&P 500 (ETF SPY, réinvestis, en dollars). Ils ont commencé au plus mauvais moment possible. Seule leur conduite pendant la crise les distingue.

1.Le plan de départ

200 $ chaque mois, à partir d’octobre 2007, jusqu’en décembre 2012. Au total, 63 versements et 12 600 $.

2.Le pire relevé

Le 9 mars 2009, l’épargnant qui a suivi son plan a versé 3 600 $. Son relevé affiche 2 136 $, soit une perte de 41 %. Les nouvelles sont mauvaises chaque jour. C’est le moment où l’on est le plus tenté de tout arrêter.

3.Quatre conduites, quatre résultats

Valeur au 31 décembre 2012, dividendes réinvestis.

Conduite pendant la criseVerséValeur fin 2012Gain
A tenu son plan, 200 $ chaque mois12 600 $16 229 $+29 %
A suspendu ses versements d’octobre 2008 à décembre 20099 600 $11 250 $+17 %
A tout vendu le 9 mars 2009, a épargné en liquide, puis a tout réinvesti en janvier 201012 600 $13 771 $+9 %
A tout placé d’un coup en octobre 200712 600 $13 035 $+3 %

L’épargnant qui a tenu son plan a retrouvé sa mise dès septembre 2009, six mois après le creux, alors que l’indice était encore très loin de son record. Celui qui avait tout placé d’un coup en octobre 2007 n’a retrouvé la sienne qu’en mars 2012.

4.Pourquoi tenir a autant payé

Les versements de la fin 2008 et de 2009 ont acheté des parts à moitié prix. Ce sont eux qui ont fait le résultat. L’épargnant qui a suspendu ses versements a sauté exactement ces mois-là : il a moins investi, et il a acheté plus cher.

Celui qui a vendu au creux a fait pire : il a transformé une perte sur le papier en perte réelle, puis il est revenu plus haut. Vendre au plus bas, le 9 mars 2009, est un cas extrême ; mais personne ne sait sur le moment que c’est le plus bas.

5.Ce que ce cas enseigne

  • Investir régulièrement ne protège pas de la baisse, mais il en tire parti. Les mois les plus pénibles sont ceux qui rapportent le plus.
  • Le plan se décide avant la crise. Un montant fixe, une date fixe, un virement automatique : moins il y a de décisions à prendre en mars 2009, mieux c’est.
  • Arrêter coûte plus cher que commencer au mauvais moment. Les quatre épargnants ont commencé le même mois, au pire moment ; leur résultat dépend de ce qu’ils ont fait ensuite.

Pour voir ce que deviennent des versements réguliers sur vingt ou trente ans, réglez le simulateur ci-dessous. Il suppose un rendement constant chaque année : la réalité, on vient de le voir, est beaucoup plus heurtée, mais le mécanisme est le même.

Exercice interactifSimulateur d’intérêts composés
5 000 €
100 €
5 %
20 ans

Valeur finale

53 847 €

Total versé

29 000 €

Intérêts gagnés

24 847 €

Aujourd’hui10 ans20 ans
Argent verséIntérêts accumulés

Rendement supposé constant chaque année, sans frais ni impôts. Les rendements réels varient et peuvent être négatifs : ceci est une illustration, pas une prévision.