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Construire son portefeuille

Investir régulièrement et tenir son plan

Objectif : Choisir entre investir une somme d’un coup ou l’étaler, automatiser ses versements et s’y tenir quand les marchés s’agitent.

  • Débutant
  • 8 min
  • 4 questions
  • Leçon 5 sur 10
Programme du parcours 0/10

Une fois la répartition choisie, il faut mettre l’argent au travail. Deux situations se présentent : vous disposez déjà d’une somme, après une prime, un héritage ou une vente, ou vous mettez de côté un peu chaque mois. Dans les deux cas, le plus difficile n’est pas de commencer, c’est de continuer.

1.Investir d’un coup ou étaler ?

Si vous avez une somme disponible, vous pouvez l’investir en une fois, ou la répartir sur plusieurs mois. Cette seconde méthode s’appelle l’investissement programmé, souvent désigné par le sigle anglais DCA (dollar cost averaging).

Comme les marchés d’actions ont monté plus souvent qu’ils n’ont baissé sur longue période, investir une somme d’un coup a, en moyenne, fait mieux que l’étaler. Une étude de Vanguard publiée en 2012, portant sur les marchés américain, britannique et australien, trouve que l’investissement en une fois l’a emporté sur un étalement de douze mois environ deux fois sur trois. Une fois sur trois, c’est donc l’inverse, et personne ne sait à l’avance dans quel cas on se trouve.

L’étalement a surtout un intérêt psychologique : il réduit le regret d’avoir tout investi la veille d’une chute. Si cette peur risque de vous empêcher d’investir, ou de vous faire tout revendre à la première baisse, étaler sur quelques mois peut rester un compromis acceptable.

2.Le cas le plus courant : épargner chaque mois

La plupart des gens n’ont pas de grosse somme à placer : ils investissent ce qu’ils mettent de côté chaque mois. Ce n’est plus un choix de méthode, c’est simplement investir l’argent dès qu’il est disponible. Et l’effet mécanique du montant fixe joue en votre faveur dans les baisses.

Prix de revient moyen = total investi ÷ nombre de parts achetées

Avec un montant fixe, ce prix de revient est toujours inférieur ou égal à la moyenne des prix aux dates d’achat. Cela ne garantit pas un gain : si le marché baisse et ne remonte pas, les parts achetées perdent aussi de la valeur.

3.Automatiser pour ne plus décider

Le meilleur moyen de tenir un plan est de ne pas avoir à y penser. Beaucoup de courtiers et la plupart des contrats d’assurance-vie proposent des versements programmés : un montant prélevé automatiquement chaque mois et investi selon la répartition choisie. Placez la date juste après le versement de votre salaire : vous épargnez avant de dépenser, au lieu d’épargner ce qui reste.

Vérifiez les frais de chaque achat : 2 € de frais sur un versement de 100 €, c’est 2 % perdus à l’entrée, chaque mois. Les différents frais sont détaillés dans la leçon Frais, change et enveloppes fiscales.

Pour voir ce que deviennent des versements réguliers sur vingt ou trente ans, faites varier le versement mensuel dans le simulateur ci-dessous. Le rendement choisi reste une hypothèse ; le mécanisme est expliqué dans la leçon sur les intérêts composés.

Exercice interactifSimulateur d’intérêts composés
5 000 €
100 €
5 %
20 ans

Valeur finale

53 847 €

Total versé

29 000 €

Intérêts gagnés

24 847 €

Aujourd’hui10 ans20 ans
Argent verséIntérêts accumulés

Rendement supposé constant chaque année, sans frais ni impôts. Les rendements réels varient et peuvent être négatifs : ceci est une illustration, pas une prévision.

4.Tenir le cap quand le marché baisse

Un plan est facile à suivre quand tout monte. Il est mis à l’épreuve pendant les baisses, précisément quand chaque versement achète le plus de parts. Suspendre ses versements ou tout vendre à ce moment-là, c’est risquer de transformer une baisse temporaire en perte définitive.

Le principal problème de l’investisseur, et même son pire ennemi, est probablement lui-même.

— Benjamin Graham, L’Investisseur intelligent