Programme du parcours 0/10
Vous connaissez vos objectifs et le risque que vous pouvez prendre. Reste à les traduire en portefeuille. La première décision n’est pas « quelle action acheter ? », mais « quelle part de mon argent mettre dans chaque grande famille de placements ? ». C’est l’allocation d’actifs.
1.Trois classes, trois rôles
| Classe d’actifs | Rôle dans le portefeuille | Ce qu’il faut accepter |
|---|---|---|
| Actions | Moteur de croissance à long terme | De fortes baisses, parfois de plus de 50 % |
| Obligations | Revenus réguliers, amortisseur dans beaucoup de crises | Un rendement espéré plus faible, le risque de taux |
| Monétaire | Réserve stable et disponible | Un rendement proche des taux courts, parfois sous l’inflation |
Le monétaire regroupe les liquidités et les , investis en titres de dette à très court terme. En France, dans une assurance-vie, le fonds en euros joue souvent le rôle de poche prudente : son capital est en principe garanti par l’assureur, en échange d’un rendement en général modéré.
2.Pourquoi l’allocation pèse plus que le choix des titres
Un portefeuille composé à 80 % d’actions se comporte, pour l’essentiel, comme le marché des actions, quels que soient les titres choisis. Un portefeuille à 20 % d’actions restera calme, même avec des actions très volatiles. La répartition fixe l’ampleur des gains et des pertes ; le choix des titres ne fait que l’ajuster à la marge.
Le calcul est simple : le rendement du portefeuille est la moyenne des rendements de chaque classe, pondérée par sa part.
Rendement = part actions × rendement actions + part obligations × rendement obligations + part monétaire × rendement monétaire
Ce qui sépare ces trois portefeuilles, ce n’est pas le talent de celui qui choisit les titres : c’est la répartition. Une étude souvent citée de Brinson, Hood et Beebower, publiée en 1986 et menée sur des fonds de pension américains, a montré que la politique d’allocation expliquait plus de 90 % des variations de leurs rendements d’un trimestre à l’autre.
À vous de régler une répartition. Les trois exemples ci-dessus sont proposés en raccourci, et vous voyez ce qu’auraient donné deux vraies années difficiles :
Rendement espéré par an
4,9 %
Volatilité
8,8 %
Une année comme 2008
−1 540 €
Une année comme 2022
−1 330 €
En 2008, les obligations ont amorti la chute des actions ; en 2022, elles ont baissé en même temps, car les taux montaient. Aucune répartition ne protège de tout : elle fixe la taille des secousses que vous acceptez.
Rendements et volatilités : des hypothèses de long terme, pas des promesses. 2008 et 2022 : actions mondiales en euros, obligations de la zone euro et monétaire euro, chiffres arrondis.
3.Des répartitions selon l’horizon
Plus l’horizon est long, plus la part d’actions peut être élevée, parce que le temps laisse la possibilité de traverser les baisses. Plus il est court, plus la poche prudente doit grossir. Voici des fourchettes types, données à titre d’illustration seulement :
| Horizon | Actions | Obligations | Monétaire |
|---|---|---|---|
| Moins de 2 ans | 0 % | 0 à 20 % | 80 à 100 % |
| 2 à 8 ans | 20 à 50 % | 30 à 60 % | 10 à 30 % |
| Plus de 8 ans | 60 à 90 % | 10 à 40 % | 0 à 10 % |
Ce ne sont pas des recommandations : à horizon égal, votre capacité et votre , vues dans la leçon précédente, peuvent justifier d’être plus prudent. Une vieille règle empirique propose de détenir « 100 moins votre âge » en pourcentage d’actions ; elle a le mérite de la simplicité, mais elle ignore vos projets et votre situation.
Le même principe s’applique dans le temps. Dans un plan d’épargne retraite (PER), l’épargne est placée par défaut en gestion pilotée « à horizon » : la part d’actions y diminue progressivement à l’approche de la retraite.
À l’intérieur de chaque classe, il faut encore diversifier : une seule action ne fait pas une poche actions. Un ETF qui suit un indice mondial répartit déjà la poche sur des centaines d’entreprises. Les principes sont détaillés dans la leçon Diversifier.