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Le plan d’épargne retraite (PER) est né de la loi Pacte de 2019. Il a remplacé les anciens produits (PERP, Madelin, Perco…) par un seul plan, que l’on peut emporter d’un employeur à l’autre. Son argument principal : les versements volontaires se déduisent du revenu imposable. Encore faut-il savoir ce que cette déduction rapporte vraiment.
1.Trois PER, un seul principe
Il existe trois PER : le PER individuel, que vous ouvrez vous-même auprès d’une banque ou d’un assureur ; le PER d’entreprise collectif, proposé à tous les salariés, qui reçoit aussi l’intéressement, la participation et l’abondement ; et le PER obligatoire, auquel l’employeur affilie tout ou partie de ses salariés. Un PER se transfère d’un établissement à l’autre, sans frais après cinq ans, avec au plus 1 % de frais avant.
Dans tous les cas, l’argent est bloqué jusqu’à l’âge de la retraite. Par défaut, il est placé en gestion pilotée : beaucoup d’actions quand la retraite est loin, de plus en plus de placements prudents à mesure qu’elle approche.
2.La déduction : un impôt reporté, pas supprimé
Les versements volontaires sur un PER se déduisent du revenu imposable, dans un plafond. Pour un salarié, il vaut 10 % de ses revenus d’activité de l’année précédente, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 € pour les versements de 2026. La part non utilisée se reporte sur les années suivantes : cinq ans pour les plafonds nés depuis 2026, trois ans pour les précédents. Depuis 2026, les versements faits à partir de 70 ans ne sont plus déductibles.
Mais l’impôt économisé n’est pas effacé : il revient à la sortie. Si vous retirez votre épargne en capital à la retraite, la part de vos versements déduits s’ajoute à vos revenus de l’année et paie l’impôt au barème ; les gains, eux, paient le de 31,4 %. Si vous choisissez une rente, elle est imposée comme une pension de retraite. Vous pouvez aussi renoncer à déduire vos versements : seuls les gains seront alors imposés à la sortie.
Le PER fait donc gagner la différence entre votre taux d’imposition d’aujourd’hui et celui de votre retraite, appliquée à vos versements. Si votre taux baisse à la retraite, vous gagnez. S’il reste le même, vous avez surtout reporté l’impôt.
Versé en 20 ans
60 000 €
Capital à la retraite
92 908 €
Gain dû à la déduction
+11 400 €
La déduction vous fait gagner 11 400 € : la différence entre vos deux taux, appliquée aux 60 000 € versés. Le rendement n’y change rien : les gains sont imposés comme sur un compte-titres.
Versements déduits dans la limite du plafond, sortie en capital en une fois à la retraite. Impôt calculé au taux marginal sur la totalité : un gros retrait la même année peut faire passer dans la tranche du dessus, d’où l’intérêt d’étaler les retraits. Gains imposés au prélèvement forfaitaire unique, comme sur un compte-titres. Impôt économisé supposé dépensé, et non placé. Rendement supposé constant, sans frais.
3.Les cas de déblocage anticipé
Avant la retraite, les versements volontaires ne peuvent sortir que dans quelques cas :
- achat de la résidence principale ;
- décès du conjoint ou du partenaire de PACS ;
- invalidité du titulaire, de ses enfants ou de son conjoint ;
- maladie grave, handicap ou accident grave d’un enfant à charge ;
- surendettement ;
- fin des droits au chômage ;
- liquidation judiciaire de son entreprise.
Hors résidence principale, ces retraits ne paient pas d’impôt sur le revenu : seuls les gains supportent les prélèvements sociaux.