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Finance de marché

Septembre 2008 : la faillite de Lehman Brothers gèle le marché monétaire

Objectif : Comprendre comment la faillite d’une seule banque a bloqué les prêts à court terme dans le monde entier, et pourquoi les banques centrales ont dû intervenir.

  • Avancé
  • 5 min
  • 4 questions
  • Étude de cas, leçon 9 sur 10
Programme du parcours 0/10

Le lundi 15 septembre 2008, Lehman Brothers, quatrième banque d’investissement américaine, se déclare en faillite. Avec environ 639 milliards de dollars d’actifs, c’est la plus grosse faillite de l’histoire des États-Unis. Le plus grave n’est pas la chute de la banque elle-même : c’est ce qu’elle déclenche sur un marché que le public ne connaît pas, le marché monétaire.

1.Une banque financée au jour le jour

Lehman finançait une grande partie de ses actifs, souvent des crédits immobiliers, avec des emprunts très courts : des pensions livrées renouvelées chaque nuit et des titres de créance à quelques semaines. Ce modèle tient tant que les prêteurs reviennent chaque matin. Quand ils doutent, ils ne renouvellent plus, et la banque doit vendre ses actifs en catastrophe.

2.La semaine où tout s’arrête

DateCe qui se passe
Lundi 15 septembreLehman Brothers se déclare en faillite
Mardi 16 septembreLe Reserve Primary Fund, un fonds monétaire de 62 milliards de dollars qui détenait 785 millions de titres Lehman, annonce que sa part ne vaut plus 1 $ mais 0,97 $
Dans la semaineLes épargnants retirent environ 300 milliards de dollars des fonds monétaires investis en titres d’entreprises
Vendredi 19 septembreLe Trésor américain garantit les parts des fonds monétaires, et la Réserve fédérale prête aux banques qui leur rachètent des titres, pour qu’ils puissent faire face aux retraits

3.Pourquoi tout le monde a été touché

Les fonds monétaires étaient les premiers acheteurs des titres à court terme que les entreprises émettaient pour payer leurs salaires et leurs fournisseurs. Pour faire face aux retraits, ils ont cessé d’en acheter. En quelques jours, de grandes entreprises en bonne santé ne trouvaient plus à emprunter pour un mois.

Entre banques, la méfiance était la même : personne ne savait qui détenait des créances sur Lehman, ni qui serait le prochain. Le taux auquel les banques se prêtaient à trois mois s’est envolé au-dessus du taux sans risque.

4.La réponse des autorités

Les banques centrales sont devenues le prêteur de dernier ressort de tout le système : la Réserve fédérale a acheté directement des titres à court terme d’entreprises à partir d’octobre 2008, la BCE a prêté aux banques tout ce qu’elles demandaient contre garanties. Les États ont garanti les dettes de leurs banques et, souvent, les ont recapitalisées.

Les règles ont changé ensuite : les banques doivent garder davantage de liquidités pour tenir trente jours de crise, et les fonds monétaires européens et américains sont plus strictement encadrés.