Programme du parcours 0/10
Quand vous vendez une action, quelqu’un doit l’acheter à cet instant précis. Sur les titres très échangés, il y a toujours un acheteur. Sur les autres, c’est souvent un teneur de marché (market maker) : une banque ou une société spécialisée qui affiche en permanence un prix d’achat et un prix de vente, et se tient prête à traiter.
1.Un métier payé par la fourchette
Le teneur de marché achète au prix le plus bas qu’il affiche (le bid) et revend au plus haut (l’ask). S’il achète à 49,98 € et revend à 50,02 €, il gagne 4 centimes par action, des milliers de fois par jour.
Mais il ne choisit pas qui vient traiter. Certains clients en savent plus que lui : ils ont lu un résultat une seconde avant, ou ils vendent parce qu’ils savent qu’un gros vendeur arrive. Face à eux, il perd à chaque fois : il achète juste avant que le prix baisse, il vend juste avant qu’il monte.
2.À vous de régler la fourchette
Trop serrée, vous perdez face aux mieux informés. Trop large, les clients ordinaires vont chez un concurrent. Essayez plusieurs réglages, puis augmentez la part d’investisseurs mieux informés.
Vous achetez à 49,98 € et vendez à 50,02 € : une fourchette de 4 centimes.
Gagné sur 667 ordres ordinaires
1 334 €
Perdu face à 200 ordres informés
-1 600 €
Résultat de la journée
-266 €
Résultat de la journée selon l’écart choisi
Le résultat est le plus élevé avec un écart de 8 centimes : 1 736 €.
Avec un écart aussi serré, les mieux informés vous coûtent plus que ce que la fourchette vous rapporte. Ici, le meilleur réglage est de 8 centimes.
Modèle d’école, chiffres inventés : une action dont le prix juste est 50,00 €, 1 000 ordres de 100 actions dans la journée. Les investisseurs ordinaires renoncent d’autant plus que l’écart est large ; les mieux informés savent que le prix va bouger de 10 centimes et traitent tant que l’écart est plus petit. Sans frais ni stock à porter le soir.
Pour pratiquer, le mini-jeu du Laboratoire Une journée en salle des marchés vous fait vérifier, dans un tableur, les chiffres de cinq desks : obligations, change à terme, swap, tenue de marché et .
Ce petit modèle explique ce qu’on voit sur les vrais marchés : la fourchette s’élargit avant une annonce importante, quand l’incertitude est forte, et sur les petites valeurs dont on sait peu de choses. Elle se resserre quand plusieurs teneurs de marché se font concurrence.
3.Ce qui change la liquidité
- La concurrence entre teneurs de marché resserre les fourchettes.
- Le trading à haute fréquence : des sociétés qui cotent et annulent des ordres en quelques microsecondes. Elles font aujourd’hui une grande part de la tenue de marché sur les actions. Les fourchettes ont beaucoup baissé, mais ces acteurs peuvent se retirer d’un coup quand le marché s’affole, comme lors du flash crash de mai 2010.
- Les plateformes opaques (dark pools) : des systèmes où les ordres ne sont pas affichés avant l’échange, utilisés par les investisseurs qui veulent acheter ou vendre de gros blocs sans faire bouger le prix. Les règles européennes en limitent l’usage.
4.Après l’échange : compensation et règlement-livraison
Un échange conclu n’est pas encore terminé. La calcule ce que chacun doit et réclame des garanties ; puis, au jour du règlement-livraison, les titres et l’argent changent de main en même temps, chez le dépositaire central.
| Marché | Délai de règlement-livraison |
|---|---|
| Actions européennes | Deux jours ouvrés après l’échange (T+2) |
| Actions américaines | Un jour ouvré (T+1) depuis le 28 mai 2024 |
| Actions européennes, à partir du 11 octobre 2027 | Un jour ouvré (T+1), date fixée par l’Union européenne |
Raccourcir ce délai réduit le temps pendant lequel une partie peut faire défaut, mais demande aux back offices de tout traiter plus vite.