Programme du parcours 0/10
Une entreprise qui veut financer une usine a trois grandes sources : ses bénéfices, un prêt de sa banque, ou le marché. Sur le marché primaire, elle vend des titres neufs à des investisseurs : des actions, qui font entrer de nouveaux associés, ou des obligations, qui sont une dette.
1.Actions ou obligations : deux contrats différents
| Actions | Obligations | |
|---|---|---|
| Ce que reçoit l’investisseur | Une part de l’entreprise | Une créance sur l’entreprise |
| Rémunération | Un dividende, s’il y en a, et l’espoir d’une hausse | Un intérêt fixé d’avance, le coupon |
| Remboursement | Jamais : il faut revendre à un autre investisseur | À l’échéance, sauf faillite |
| En cas de faillite | Payé en dernier, souvent rien | Payé avant les actionnaires |
| Pour l’entreprise | Pas d’intérêt à payer, mais les actionnaires existants sont dilués | Pas de dilution, mais des intérêts à payer quoi qu’il arrive |
2.L’introduction en bourse, étape par étape
- 1.L’entreprise choisit des banques, dont une ou plusieurs chefs de file, qui l’aident à préparer l’opération.
- 2.Elle rédige un prospectus, approuvé en France par l’AMF, qui décrit son activité, ses comptes et ses risques.
- 3.Les banques sondent les investisseurs et proposent une fourchette de prix.
- 4.Elles construisent le livre d’ordres (bookbuilding) : chaque investisseur indique combien il veut acheter et à quel prix maximum.
- 5.Le prix est fixé au vu de la demande, puis les actions sont réparties entre les investisseurs et commencent à coter.
3.Une émission d’obligations
Pour une obligation, le schéma est le même, en beaucoup plus rapide : une grande entreprise bien connue peut annoncer une émission le matin et l’avoir placée à midi.
Le coupon n’est pas choisi au hasard. Il se fixe en partant d’un taux de référence (le taux sans risque de la même durée), auquel on ajoute une prime de risque propre à l’émetteur.
Rendement de l’obligation = taux de référence + prime de risque de l’émetteur
4.Les États, plus gros émetteurs de tous
La France emprunte sur les marchés par l’Agence France Trésor. Ces dernières années, elle a levé près de 300 milliards d’euros par an, surtout par adjudication : un appel d’offres régulier où les grandes banques spécialistes (les spécialistes en valeurs du Trésor) proposent un prix, et l’État sert les meilleures offres. Ces obligations s’appellent des OAT.