Programme du parcours 0/10
Une salle des marchés peut perdre en une journée ce qu’elle a gagné en un an. Pour l’éviter, chaque banque entoure ses traders d’un dispositif de contrôle, organisé autour d’une idée simple : celui qui prend le risque n’est jamais celui qui le mesure.
1.Le résultat calculé chaque soir
Chaque soir, toutes les positions sont évaluées au prix de marché : c’est le mark-to-market. Le résultat du jour, le P&L (profit and loss), est calculé par une équipe indépendante des traders, à partir de prix qu’ils ne fournissent pas eux-mêmes. Un trader qui peut choisir le prix de ses propres positions peut cacher ses pertes.
Pour les produits peu échangés, sans prix de marché, la valeur sort d’un modèle. C’est là que se logent les plus grands risques d’erreur, et que les contrôleurs sont les plus attentifs.
2.Les limites : ce qu’un desk a le droit de faire
| Limite | Ce qu’elle encadre |
|---|---|
| Sensibilités | La perte si les taux, les cours ou la volatilité bougent d’un cran |
| VaR | La perte qu’on ne dépasse que rarement, par exemple un jour sur cent |
| Stop-loss | La perte cumulée au-delà de laquelle il faut réduire les positions |
| Concentration | Le montant maximal sur un même émetteur, pays ou produit |
Dépasser une limite déclenche une alerte, une explication écrite et souvent une réduction forcée des positions. La , déjà vue dans Mesurer le risque, est la plus connue de ces mesures, mais aussi la plus trompeuse : elle décrit la mauvaise journée ordinaire, pas la crise.
3.Les tests de résistance
Pour la crise, on utilise des stress tests : que perdrait la salle si 2008 se reproduisait, si les taux montaient de deux points d’un coup, si un grand pays faisait défaut ? Ces scénarios, choisis par la banque et imposés en partie par les superviseurs, servent à vérifier qu’elle aurait assez de fonds propres pour encaisser le choc.
4.Quand le contrôle échoue : la « baleine de Londres »
L’épisode réunit les trois failles classiques : un modèle qui sous-estime le risque, des limites qu’on contourne, et des contrôleurs qui n’osent pas dire non à une équipe qui a longtemps gagné.
5.Les trois lignes de défense
Les banques organisent leur contrôle en trois étages :
- 1.Le front office, qui prend le risque et doit respecter ses limites.
- 2.La direction des risques et la conformité, indépendantes, qui mesurent, fixent les limites et peuvent dire non.
- 3.L’audit interne, qui vérifie que les deux premières font bien leur travail.
Les superviseurs, la BCE pour les grandes banques de la zone euro, contrôlent l’ensemble de l’extérieur.