Programme du parcours 0/10
Le marché obligataire pèse autant que le marché des actions dans le monde, et il est beaucoup moins connu du public. Les États, les banques et les entreprises y empruntent ; les assureurs, les caisses de retraite et les banques centrales y placent. Son prix de base, le taux d’intérêt, sert de référence à presque tout le reste de la finance.
1.Ce que dit le prix d’une obligation
Une obligation se cote en pourcentage de son montant remboursé (le nominal). À 98 %, une obligation de 1 000 € se paie 980 €. Son rendement à l’échéance est le taux qui rend égal le prix payé et tout ce qu’elle versera jusqu’à son remboursement : les coupons et le nominal.
2.Le risque de taux et la sensibilité
Quand les taux du marché montent, les obligations déjà émises, qui versent un coupon plus faible, perdent de la valeur. La sensibilité dit de combien : une obligation de sensibilité 8 perd environ 8 % quand les taux montent de 1 point. Plus l’échéance est lointaine et plus le coupon est faible, plus elle est sensible.
Prix de revente
915 €
Par rapport à 1 000 €
−8,5 %
Si les taux montent de 1 point
−8,8 %
Plus l’échéance est lointaine, plus la courbe est pentue : à 10 ans, une hausse de 1 point des taux fait perdre environ 8,8 % au prix. Allongez l’échéance pour voir le risque grandir.
Coupon versé une fois par an, émetteur supposé sans risque de défaut. Gardée jusqu’à l’échéance, l’obligation rembourse 1 000 € quel que soit le taux du marché entre-temps.
3.La courbe des taux
Pour un même émetteur, le taux dépend de la durée. Relier les rendements à 3 mois, 2 ans, 10 ans et 30 ans donne la courbe des taux.
- Croissante, le cas normal : prêter longtemps est plus risqué et se paie plus cher.
- Plate ou inversée : les taux courts dépassent les taux longs. Le marché anticipe alors des baisses de taux de la banque centrale, souvent parce qu’il craint un ralentissement.
4.Le spread de crédit
Un État solide qui emprunte dans sa propre monnaie sert de taux sans risque de référence. Toute autre obligation paie un écart en plus, le spread de crédit, pour rémunérer le risque que l’émetteur ne rembourse pas.
Rendement = taux de l’État de même durée + spread de crédit
Le spread s’élargit quand les investisseurs s’inquiètent d’un émetteur, ou de tous à la fois en période de crise. Il se resserre quand la confiance revient.
5.La notation
Les agences de notation (S&P, Moody’s, Fitch) donnent une note qui résume le risque de défaut. Voici l’échelle de S&P et de Fitch ; celle de Moody’s s’écrit autrement (Aaa, Aa, A, Baa…).
| Note | Catégorie | Ce qu’elle dit |
|---|---|---|
| AAA, AA | Investissement | Risque de défaut très faible |
| A, BBB | Investissement | Solide, mais plus sensible à une mauvaise conjoncture |
| BB, B | Spéculatif (high yield) | Défaut possible si les affaires tournent mal |
| CCC et moins | Spéculatif | Défaut probable |