Programme du parcours 0/10
Dix positions de 1 % de risque chacune ne font pas forcément dix risques séparés. Si elles montent et baissent ensemble, c’est un seul gros pari en dix morceaux. Pour le savoir, on regarde la corrélation et la concentration du portefeuille.
1.La corrélation
Diversifier ne sert que si les placements sont peu corrélés. Dix banques européennes réagissent toutes aux mêmes nouvelles (taux, crise de la dette, régulation) : leur corrélation est forte, et la diversification est en partie une illusion.
2.En crise, les corrélations montent
Le piège est que la corrélation change avec le temps. Nous avons mesuré la corrélation moyenne entre neuf grandes actions américaines de secteurs différents (Apple, Microsoft, JPMorgan, Exxon, Johnson & Johnson, Procter & Gamble, Coca-Cola, Walmart, Boeing) :
| Période | Corrélation moyenne |
|---|---|
| Année calme, 2017 | 0,10 |
| Krach de l’automne 2008 | 0,67 |
| Krach du Covid, février à avril 2020 | 0,69 |
En temps normal, ces actions vivent leur vie. Quand la panique arrive, tout le monde vend tout, et elles chutent ensemble. La diversification protège le moins au moment où on en a le plus besoin.
3.Actions et obligations : un couple qui peut se brouiller
Pendant longtemps, les obligations d’État ont amorti les chutes des actions. De 2004 à 2021, la corrélation entre le S&P 500 et les emprunts d’État américains à long terme (ETF TLT) était de −0,40. En 2008, le S&P 500 a perdu 38 % pendant que ces obligations gagnaient 32 %.
En 2022, l’inflation a fait monter les taux, ce qui a fait baisser les deux à la fois : −19 % pour le S&P 500 ( compris), −29 % pour les obligations longues. Le coussin habituel avait disparu.
4.La concentration
Quelques questions simples pour la repérer :
- Quelle part du portefeuille pèse la plus grosse ligne ?
- Quelle part dépend d’un seul secteur ? D’un seul pays ?
- Que se passerait-il si ce secteur perdait 40 % ?