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La finance pour les managers

Janvier 2018 : Carillion, un géant du BTP tué par sa trésorerie

Objectif : Voir comment une entreprise qui affichait des bénéfices a pu tomber faute de trésorerie, et ce que ses fournisseurs ont payé.

  • Intermédiaire
  • 4 min
  • 4 questions
  • Étude de cas, leçon 9 sur 10
Programme du parcours 0/10

Carillion était le deuxième groupe de construction et de services du Royaume-Uni : des hôpitaux, des routes, des lignes ferroviaires, l’entretien de prisons et d’écoles. Il employait environ 43 000 personnes, dont près de 20 000 au Royaume-Uni. Le 15 janvier 2018, il est placé en liquidation. Quelques mois plus tôt, il versait encore un .

1.Des bénéfices sur le papier

Sur ses grands chantiers, Carillion comptait dans son chiffre d’affaires les revenus qu’il espérait tirer des contrats, avant d’être payé, et parfois avant même que le client ait accepté les montants. Les comptes montraient des bénéfices. La trésorerie, elle, ne suivait pas.

2.Les fournisseurs comme banquiers

Pour tenir sa caisse, le groupe payait ses sous-traitants de plus en plus tard, jusqu’à 120 jours. Il leur proposait d’être payés plus tôt par une banque, contre une commission prise sur leur facture : les petites entreprises finançaient ainsi le géant. Le du groupe était masqué par ses fournisseurs.

3.L’enchaînement

DateCe qui se passe
Mars 2017Les comptes 2016 affichent un bénéfice ; un dividende est versé
10 juillet 2017Carillion annonce une dépréciation de 845 millions de livres sur ses contrats. L’action perd 39 % en une journée
Septembre – novembre 2017Nouvelles dépréciations, alertes sur les résultats, départs de dirigeants
15 janvier 2018Les banques refusent de prêter davantage. Le groupe est liquidé

4.Qui a payé

Les fournisseurs et sous-traitants, souvent des PME, ont perdu les factures que Carillion ne réglerait jamais. Le fonds de retraite des salariés présentait un déficit de l’ordre de 2,6 milliards de livres. Le rapport des députés britanniques, publié en mai 2018, a parlé d’une entreprise gérée pour verser des dividendes et des bonus pendant que sa trésorerie se dégradait.

5.Ce que ce cas enseigne

  • Un bénéfice n’est pas de l’argent. Regardez le flux de trésorerie d’exploitation, pas seulement le résultat.
  • Des délais fournisseurs qui s’allongent sont un signal d’alerte, pour l’entreprise comme pour ceux qui travaillent avec elle.
  • Pour un fournisseur, un gros client est aussi un risque. Dépendre d’un seul donneur d’ordre qui paie tard, c’est lui faire crédit.