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L’économie ne progresse pas en ligne droite. Elle alterne des périodes de croissance et de repli, plus ou moins longues : c’est le cycle économique. Les bénéfices des entreprises suivent ce cycle, et les marchés essaient en permanence de deviner où l’on en est.
1.Les quatre phases du cycle
| Phase | Ce qui se passe | Ce que font souvent les banques centrales |
|---|---|---|
| Expansion | La production et l’emploi progressent, les bénéfices augmentent | Elles remontent leurs taux si l’inflation accélère |
| Pic | La croissance plafonne, les tensions sur les prix sont fréquentes | Les taux sont souvent à leur plus haut |
| Récession | La production recule, le chômage monte, les bénéfices baissent | Elles baissent leurs taux pour soutenir l’activité |
| Reprise | L’activité repart d’un point bas | Les taux restent bas pour soutenir le redémarrage |
Une récession est une baisse marquée et durable de l’activité. Une règle courante parle de deux trimestres consécutifs de recul du PIB. Aux États-Unis, ce sont les économistes du NBER, un organisme de recherche indépendant, qui datent officiellement les récessions à partir de plusieurs indicateurs, souvent de longs mois après coup.
Depuis 1945, aux États-Unis, les expansions ont duré en moyenne plusieurs années, et les récessions le plus souvent moins d’un an. Les marchés boursiers, eux, anticipent : ils baissent souvent avant le début d’une récession, et remontent souvent avant sa fin, quand les nouvelles économiques sont encore mauvaises.
2.Secteurs cycliques et défensifs
Les entreprises ne sont pas toutes exposées de la même façon au cycle.
- Les secteurs cycliques voient leurs ventes varier fortement avec la conjoncture : automobile, luxe, voyages et loisirs, construction, industrie, matériaux, banques. Ce sont des achats que l’on peut reporter, ou des activités qui dépendent du crédit et de l’investissement.
- Les secteurs défensifs vendent des produits dont on a besoin quoi qu’il arrive : alimentation et produits d’hygiène, santé, électricité et eau. Leurs bénéfices sont plus stables.
Défensif ne veut pas dire sans risque : ces actions baissent aussi dans un krach, simplement en général moins que le reste du marché.
3.Les indicateurs avancés
Les statistiques comme le PIB arrivent tard et sont souvent révisées. Les investisseurs regardent donc des indicateurs avancés, qui ont tendance à tourner avant l’activité.
Un PMI qui passe de 46 à 49 signale encore une contraction, mais de moins en moins forte : la tendance intéresse les marchés autant que le niveau.
La courbe des taux
La courbe des taux relie les rendements des emprunts d’État selon leur durée : 3 mois, 2 ans, 10 ans, 30 ans. Normalement, elle monte : on exige un rendement plus élevé pour prêter plus longtemps. Quand les taux courts dépassent les taux longs, la courbe est dite inversée : les investisseurs anticipent alors des baisses de taux, souvent parce qu’ils craignent un ralentissement.
Aux États-Unis, une courbe inversée a précédé chacune des récessions depuis la fin des années 1960, avec un délai très variable, de quelques mois à environ deux ans. Elle n’est pas infaillible pour autant : certaines inversions n’ont pas été suivies d’une récession.
D’autres indicateurs avancés sont suivis de près : les permis de construire, les inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis, la confiance des ménages et des chefs d’entreprise. Le taux de chômage, lui, est plutôt un indicateur retardé : il continue souvent de monter au début de la reprise.