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Macroéconomie et marchés

L’inflation et vos placements

Objectif : Savoir comment l’inflation est mesurée, calculer un rendement réel et connaître le comportement passé des grandes classes d’actifs face à elle.

  • Intermédiaire
  • 6 min
  • 4 questions
  • Leçon 2 sur 10
Programme du parcours 0/10

L’inflation est la hausse générale et durable des prix. Elle ne se voit pas sur un relevé de compte : le solde reste le même, mais il achète moins de choses. Pour un investisseur, c’est un adversaire permanent, et la raison pour laquelle on ne juge jamais un placement sur son seul rendement affiché.

1.Comment on la mesure

L’inflation se calcule à partir d’un panier de biens et de services représentatif de ce qu’achètent les ménages : alimentation, énergie, logement, transports, santé, loisirs. On suit le prix de ce panier mois après mois.

Deux notions reviennent souvent :

  • L’inflation globale, qui inclut tous les prix du panier.
  • L’inflation sous-jacente, qui retire les prix les plus volatils, comme l’énergie et l’alimentation. Elle montre mieux la tendance de fond, et les banques centrales la suivent de près.

Attention au vocabulaire : quand l’inflation passe de 6 % à 3 %, les prix ne baissent pas, ils montent moins vite. On parle de désinflation. La déflation, elle, est une baisse générale des prix. Et votre inflation personnelle peut s’écarter de l’indice, selon la part du loyer, de l’énergie ou des transports dans vos dépenses.

2.Rendement nominal et rendement réel

Le rendement nominal est celui qui s’affiche. Le rendement réel est ce qu’il reste une fois l’inflation déduite : c’est lui qui mesure l’évolution de votre pouvoir d’achat.

Rendement réel ≈ rendement nominal − inflation

Le calcul exact divise plutôt qu’il ne soustrait : (1 + rendement nominal) ÷ (1 + inflation) − 1. Tant que les taux restent modérés, l’écart entre les deux est faible.

3.Ce que l’inflation fait aux grandes classes d’actifs

Aucun actif ne protège parfaitement contre l’inflation. L’histoire, notamment celle des années 1970 et de 2021-2022, dégage cependant quelques tendances.

Classe d’actifsFace à une inflation forte et inattendueSur longue période
Liquidités et livretsPerdent du pouvoir d’achat si leur taux reste sous l’inflationRendement réel faible, parfois négatif
Obligations à taux fixeDoublement pénalisées : coupons figés, et hausse des taux qui fait baisser leur prixRendement réel modeste, négatif sur certaines décennies
Obligations indexées sur l’inflationCapital et coupons suivent l’inflation, mais le prix reste sensible aux tauxRendement réel connu à l’achat, si on les garde jusqu’à l’échéance
ActionsSouvent secouées à court terme, comme dans les années 1970 ou en 2022Ont historiquement fait mieux que l’inflation, avec de fortes variations
Matières premièresOnt souvent monté, parce qu’elles sont souvent à l’origine de la hausse des prixTrès volatiles, sans revenu
OrForte hausse dans les années 1970Puis une vingtaine d’années de baisse après le sommet de 1980

Pourquoi les actions résistent-elles mieux sur la durée ? Parce que les entreprises peuvent, en partie, augmenter leurs prix de vente : leurs revenus suivent l’inflation. Mais à court terme, une inflation qui accélère pousse les banques centrales à relever leurs taux, ce qui pèse sur les valorisations, comme on l’a vu dans la leçon précédente. Pour les rendements de long terme des actions et leurs pires chutes, revoyez Rendement et risque.