Programme du parcours 0/10
Dès que vous investissez hors de la zone euro, votre résultat dépend de deux choses : la performance du placement, et l’évolution de la devise dans laquelle il est coté. Les grandes matières premières, comme le pétrole et l’or, sont elles aussi cotées en dollars et réagissent à la conjoncture mondiale.
1.Le risque de change, sur un exemple
Les deux effets se multiplient :
1 + rendement en euros = (1 + rendement en dollars) × (1 + variation du dollar face à l’euro)
Ce risque joue dans les deux sens, et il n’a rien de théorique : depuis la création de l’euro, le cours EUR/USD est allé d’environ 0,82 en 2000 à environ 1,60 en 2008.
Attention aussi à la devise de cotation, qui ne dit pas tout. Un ETF MSCI World coté en euros reste exposé au dollar, parce que les actions américaines pèsent nettement plus de la moitié de l’indice. Seuls les fonds dits « couverts » (souvent notés « EUR Hedged ») neutralisent l’essentiel de ce risque, moyennant un coût qui dépend notamment de l’écart de taux d’intérêt entre les deux devises.
2.Ce qui fait bouger le dollar
- L’écart de taux : quand la Fed relève ses taux plus que la BCE, placer en dollars rapporte davantage, ce qui tend à soutenir le dollar (voir la leçon Taux d’intérêt et banques centrales).
- La croissance et l’inflation comparées des deux zones.
- La recherche de sécurité : le dollar est la principale monnaie de réserve du monde, et il a souvent monté pendant les crises mondiales, comme en 2008 ou au début de la pandémie en 2020.
Personne ne prévoit durablement les taux de change : l’enjeu est surtout de savoir quelle part de votre portefeuille y est exposée.
3.Le pétrole
Le pétrole se négocie en dollars par baril. Les deux références sont le Brent, de la mer du Nord, la plus utilisée dans le monde, et le WTI, la référence américaine. Son prix dépend de l’offre, avec les décisions des pays producteurs de l’OPEP+ et les tensions géopolitiques, et de la demande, liée à la croissance mondiale.
Ses effets se diffusent partout : un pétrole cher fait monter l’inflation par l’énergie et les transports, pèse sur les compagnies aériennes ou la chimie, et profite aux producteurs. Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont contribué à l’inflation forte et aux récessions de cette période. Le pétrole est aussi très volatil : en avril 2020, le sur le WTI est brièvement passé sous zéro, faute de capacités de stockage.
4.L’or
L’or ne verse ni coupon ni . Il est recherché comme réserve de valeur et valeur refuge, y compris par les banques centrales, qui en détiennent d’importantes quantités. Plusieurs tendances sont souvent observées, sans être des règles :
- il est pénalisé quand les montent : détenir un actif qui ne rapporte rien coûte alors plus cher en manque à gagner ;
- coté en dollars, il a tendance à monter quand le dollar baisse, et inversement ;
- il a souvent été recherché pendant les crises, mais il peut aussi chuter fortement : il a perdu plus de 40 % entre 2011 et 2015.