Programme du parcours 0/10
Ce parcours vous a appris à lire les taux, l’inflation, les cycles et les devises. Reste une question piégeuse : faut-il s’en servir pour décider quand acheter ou vendre ? L’histoire récente invite à beaucoup de modestie.
1.2023, la récession qui n’est pas venue
Fin 2022, après la plus forte hausse des taux depuis quarante ans, une large majorité d’économistes prévoyaient une récession aux États-Unis pour 2023. La courbe des taux était inversée, un signal qui avait précédé presque toutes les récessions américaines depuis cinquante ans.
Ce n’est pas un cas isolé. En 2020, l’économie mondiale s’effondre et les actions finissent l’année en hausse. En 2022, la croissance reste correcte et les actions comme les obligations baissent fortement.
2.Pourquoi c’est si difficile
Pour gagner de l’argent avec une prévision, il faut avoir raison deux fois :
- 1.Sur l’économie : prévoir correctement la croissance, l’inflation ou les taux.
- 2.Sur la réaction des marchés : prévoir mieux que tous les autres investisseurs, dont le prix actuel reflète déjà les attentes.
Une récession que tout le monde attend est déjà dans les prix. Ce qui fait bouger les marchés, c’est l’écart avec ce qui était attendu (voir Lire le calendrier économique).
3.Les meilleurs jours suivent souvent les pires
Les plus fortes hausses arrivent souvent au cœur des crises, juste après les plus fortes baisses. En mars 2020, le S&P 500 a perdu 12 % le 16 mars, puis gagné plus de 9 % le 24 mars. Sortir du marché pour éviter les mauvais jours fait souvent manquer les bons, et quelques jours manqués suffisent à amputer fortement le rendement d’une décennie.
4.À quoi sert alors la macro ?
Elle ne sert pas à prédire, mais à comprendre et à se préparer :
- Comprendre ce qui se passe : savoir pourquoi les obligations baissent quand les taux montent évite de paniquer, ou de vendre au plus bas.
- Construire un portefeuille qui résiste à plusieurs scénarios : des actions pour la croissance, des obligations pour la récession, un peu de liquidités, plutôt qu’un pari sur un seul scénario.
- Éviter les déséquilibres évidents : par exemple, ne pas mettre toute son épargne dans des obligations longues quand l’inflation repart.
- Juger un prix : quand les taux montent fortement, les actions chères sont les plus exposées.