Programme du parcours 0/10
Les produits dérivés, dont la valeur « dérive » de celle d’un autre actif, le sous-jacent, ont mauvaise réputation. Ce sont pourtant d’abord des outils d’assurance : un agriculteur fixe aujourd’hui le prix de sa récolte, une compagnie aérienne se protège contre la hausse du kérosène.
Les produits dérivés sont des armes financières de destruction massive.
La formule est volontairement excessive, mais elle vise juste sur un point : le levier.
1.Un engagement ferme, pour plus tard
Les deux parties sont engagées : l’acheteur (on dit qu’il est « long ») gagne si le prix monte, le vendeur (« short ») gagne s’il baisse. Le sous-jacent peut être un indice, du pétrole, du blé, une devise ou un taux. Peu de contrats vont jusqu’à la livraison : ceux sur indice se règlent en espèces, et la plupart des intervenants ferment leur position avant l’échéance.
Chaque contrat a un multiplicateur : la somme gagnée ou perdue par point de variation. Le contrat sur le CAC 40 d’Euronext, par exemple, vaut 10 € par point d’indice.
Gain ou perte de l’acheteur = (prix de sortie − prix d’entrée) × multiplicateur × nombre de contrats
2.La marge et l’effet de levier
Pour ouvrir un contrat, vous ne payez pas sa valeur : vous déposez une garantie, la marge initiale, fixée selon la du sous-jacent. Elle ne représente qu’une fraction de la valeur du contrat, d’où l’.
Levier = valeur du contrat ÷ marge déposée
| Variation de l’indice | Gain ou perte de l’acheteur | En % de la marge de 8 000 € |
|---|---|---|
| +2 % | +1 600 € | +20 % |
| −5 % | −4 000 € | −50 % |
| −10 % | −8 000 € | −100 % |
| −15 % | −12 000 € | −150 % |
La dernière ligne est la plus importante : une baisse de 15 % fait perdre davantage que la somme déposée. Les 4 000 € de différence restent dus.
3.Les appels de marge
Les gains et les pertes ne sont pas réglés à l’échéance, mais chaque soir : la crédite les gagnants et débite les perdants. Si votre compte descend sous un seuil, la marge de maintenance, le courtier vous demande de remettre de l’argent, en général jusqu’au niveau de la marge initiale : c’est l’. Avec une marge de maintenance de 6 000 €, une baisse de 3 % de l’indice coûte 2 400 € et ramène le compte à 5 600 € : il faut reverser 2 400 €. Sinon, le courtier ferme la position d’office, souvent au plus mauvais moment.
Levier
× 10
Gain ou perte
−2 400 €
En % de la marge
−30 %
Appel de marge
2 400 €
Le compte tombe à 5 600 €, sous le seuil de 6 000 € : il faut reverser 2 400 €, sinon le courtier ferme la position.
Un contrat sur un indice à 8 000 points, 10 € par point, soit 80 000 € d’exposition. Marge de maintenance à 75 % de la marge initiale ; l’appel de marge ramène le compte à la marge initiale. Sans frais.
Le levier crée ainsi un risque que l’investisseur en actions ne connaît pas : avoir raison à long terme, mais être forcé de sortir avant, faute de trésorerie.
4.L’échéance et le roll
Un contrat expire, souvent chaque mois ou chaque trimestre. Pour garder la même exposition, il faut fermer le contrat qui arrive à échéance et ouvrir le suivant : c’est le roll. Le prix du contrat suivant n’est pas celui du contrat qui expire : l’écart reflète les taux d’intérêt, les attendus ou, pour les matières premières, le coût du stockage. Répété pendant des années, cet écart peut coûter cher : c’est l’une des raisons pour lesquelles les produits cotés qui suivent le pétrole ou le par des contrats à terme s’éloignent nettement de leur sous-jacent.
Quiz · 4 questions
Vérifiez vos acquis
Question 1 sur 4
Un contrat sur indice vaut 10 € par point. L’indice passe de 7 500 à 7 650 points. Que gagne l’acheteur d’un contrat ?
Question 2 sur 4
Un contrat expose à 60 000 € de sous-jacent pour une marge déposée de 6 000 €. Quel est le levier ?
Question 3 sur 4
Qu’est-ce qu’un appel de marge ?
Question 4 sur 4
Avec un levier de 10, le sous-jacent baisse de 15 %. Que se passe-t-il pour l’acheteur du contrat ?