Aller au contenu
Options, futures et volatilité

Couvrir un portefeuille : put protecteur et call couvert

Objectif : Chiffrer ce que coûte une protection par put, ce que rapporte un call couvert, et ce que chacun fait perdre en échange.

  • Avancé
  • 6 min
  • 4 questions
  • Leçon 6 sur 10
Programme du parcours 0/10

Les options ont d’abord servi à se protéger, pas à parier. Cette dernière leçon chiffre de bout en bout deux usages défensifs courants sur un portefeuille d’actions, avec ce qu’ils coûtent et ce qu’ils font perdre en échange.

1.Le put protecteur : une assurance contre la baisse

Vous détenez 100 actions achetées à 50 €, soit 5 000 €. Vous craignez une forte baisse dans les six mois, sans vouloir vendre. Vous achetez un put de prix d’exercice 45 €, échéance six mois, pour une prime de 1,50 € par action, soit 150 € pour le contrat de 100 actions.

Cours à l’échéanceActions seulesActions + put
30 €−2 000 €−650 €
40 €−1 000 €−650 €
45 €−500 €−650 €
50 €0 €−150 €
60 €+1 000 €+850 €

Perte maximale = (prix d’achat − prix d’exercice + prime) × nombre d’actions

Ici : (50 − 45 + 1,50) × 100 = 650 €, soit 13 % du portefeuille, quelle que soit l’ampleur de la chute. Les 5 € entre le prix d’achat et le prix d’exercice jouent le rôle d’une franchise d’assurance : plus le prix d’exercice est bas, moins la protection coûte, mais plus la franchise est grosse.

2.Le coût de la protection

La prime de 150 € représente 3 % du portefeuille pour six mois. Renouvelée deux fois par an à ce prix, la protection coûterait environ 6 % par an, de quoi absorber une large part du rendement qu’on peut espérer des actions. Et elle coûte plus cher précisément quand on en a le plus envie : quand la est déjà haute, après une première baisse.

C’est pourquoi le put protecteur sert souvent à couvrir une période précise, jusqu’à une échéance ou un événement, plutôt que de rester une assurance permanente.

3.Le call couvert : une prime contre un plafond

Autre usage : vendre un call sur des actions qu’on détient. Avec les mêmes 100 actions à 50 €, vous vendez un call de prix d’exercice 55 € à trois mois, pour une prime de 1 € par action, soit 100 € encaissés.

Cours à l’échéanceActions seulesActions + call vendu
40 €−1 000 €−900 €
50 €0 €+100 €
55 €+500 €+600 €
70 €+2 000 €+600 €

Combiner les deux, acheter un put et vendre un call, s’appelle un tunnel (collar) : la prime du call finance tout ou partie du put, en échange d’un gain plafonné.

4.Les limites de la couverture

  • Une protection a une échéance : passée cette date, il faut la racheter, au prix du moment.
  • Un put sur un indice ne couvre bien qu’un portefeuille qui ressemble à cet indice.
  • Un contrat porte souvent sur 100 actions, ce qui se prête mal aux petits portefeuilles.
  • La protection la plus simple et la moins chère reste souvent de détenir moins d’actifs risqués : voyez la leçon Combien investir par position ?

Pour pratiquer, le mini-jeu du Laboratoire Couvrir ses actions avec des puts vous fait chiffrer, dans un tableur, le coût d’une protection par puts, un krach, une hausse et la perte maximale.