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Votre banque vous propose un placement : « jusqu’à 8 % par an, capital protégé jusqu’à −40 % ». Le produit s’appelle autocall, Phoenix ou Athéna, et se loge souvent dans une assurance-vie. C’est un produit structuré : une obligation et des options assemblées par une banque, avec des règles fixées à l’avance.
1.Un exemple d’autocall
Ce produit gagne si les marchés montent ou stagnent un peu. Il plafonne les gains : si l’indice prend 40 % la première année, vous ne recevez que 8 %. Et il expose à une forte perte dans le scénario le plus douloureux, une baisse durable de plus de 40 %.
2.Ce qu’il y a dedans
La banque place votre argent dans une obligation qu’elle a elle-même émise, et elle vend pour vous des options, en particulier un put à barrière à −40 %. Les primes de ces options financent les 8 % promis. Autrement dit, vous êtes vendeur d’une assurance contre une forte baisse des marchés : vous touchez des primes régulières, et vous payez si la catastrophe arrive.
3.Les risques que l’on voit mal
- Le risque de l’émetteur : la « protection du capital » est une promesse de la banque. Si elle fait faillite, comme Lehman Brothers en 2008 dont les produits structurés étaient vendus à des particuliers en Europe et en Asie, la protection disparaît.
- Le oublié : le produit suit souvent un indice sans dividendes, qui monte moins vite que l’indice dividendes réinvestis.
- Les frais : souvent plusieurs pourcents prélevés à l’émission, plus les frais de l’assurance-vie qui l’héberge, et une sortie avant l’échéance à un prix fixé par la banque.
- La durée incertaine : on ne sait pas si l’argent sera rendu dans un an ou dans dix.
4.Comment le juger
Posez-vous trois questions : dans quel scénario je perds, et combien ? Qui me doit l’argent si tout va mal ? Que me coûte-t-il en frais, comparé à un ETF et un fonds en euros que je combinerais moi-même ? Un produit structuré n’est ni bon ni mauvais en soi, mais sa complexité rend ces trois réponses difficiles à obtenir.