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Une entreprise qui gagne de l’argent doit décider quoi en faire. Elle peut le réinvestir, rembourser ses dettes, ou le rendre à ses actionnaires par des ou des rachats d’actions. Ces deux derniers canaux n’ont pas les mêmes effets, et les chiffres qu’ils produisent se lisent avec prudence.
1.Les quatre usages du cash
- 1.Réinvestir : usines, recherche, acquisitions. C’est utile si ces projets rapportent plus que ce que les actionnaires pourraient obtenir ailleurs.
- 2.Se désendetter : rembourser les emprunts réduit le risque.
- 3.Verser un dividende.
- 4.Racheter ses propres actions.
Aucun n’est bon ou mauvais en soi. Une jeune entreprise en forte croissance a souvent intérêt à tout réinvestir ; une entreprise mûre, qui manque de projets rentables, rend en général davantage à ses actionnaires.
2.Le dividende et le taux de distribution
Taux de distribution = dividende par action ÷ bénéfice par action
Un taux durablement supérieur à 100 % signifie que l’entreprise verse plus qu’elle ne gagne : elle puise dans ses réserves ou s’endette pour payer. Cela peut se comprendre lors d’une année difficile, rarement plus longtemps. Comparez aussi le dividende au , qui dit si l’argent est réellement là.
Un rendement du dividende très élevé n’est pas toujours une aubaine : il vient souvent d’un cours qui a chuté parce que le marché anticipe une baisse du dividende.
3.Les rachats d’actions
L’entreprise achète ses propres actions en bourse, puis les annule le plus souvent. Le bénéfice se partage alors entre moins d’actions : le monte mécaniquement.
Le prix du rachat est décisif. Si l’action vaut 50 € selon votre estimation, la racheter à 40 € revient à acheter 1 € de valeur pour 0,80 € : les actionnaires qui restent s’enrichissent. La racheter à 60 €, c’est payer 1,20 € pour 1 € : de la valeur est détruite, même si le BPA monte.
4.Dividende ou rachat : ce qui change pour vous
En théorie, avant impôts, les deux se valent : le dividende vous verse de l’argent et le cours baisse en principe d’autant le jour du détachement ; le rachat ne vous verse rien, mais votre part de l’entreprise grossit. Les différences sont ailleurs :
- La fiscalité : hors enveloppe comme le PEA, le dividende est imposé l’année où vous le recevez ; un rachat ne crée d’impôt pour vous que si vous vendez.
- La souplesse : réduire un dividende est mal reçu par le marché ; un programme de rachat s’ajuste plus discrètement.
- La dilution : beaucoup d’entreprises émettent des actions pour rémunérer leurs salariés. Le rachat compense parfois seulement ces émissions, et le nombre d’actions ne baisse pas.