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Valoriser une entreprise

Valeur et prix : ce n’est pas la même chose

Objectif : Distinguer le prix affiché d’une action de la valeur estimée de l’entreprise, et raisonner avec une marge de sécurité.

  • Avancé
  • 6 min
  • 4 questions
  • Leçon 1 sur 10
Programme du parcours 0/10

Une action cote 40 € aujourd’hui. Est-ce cher ? Le cours seul ne répond pas à la question. Pour savoir si un prix est raisonnable, il faut le comparer à une estimation de ce que vaut l’entreprise. C’est tout l’objet de la valorisation, et cette première leçon en pose les bases.

1.Le prix est un fait, la valeur une estimation

Le prix est le dernier montant auquel un acheteur et un vendeur se sont mis d’accord. Il s’affiche à l’écran, change à chaque instant et ne se discute pas. La valeur, elle, ne s’affiche nulle part : chacun l’estime à partir de ce que l’entreprise rapportera à ses propriétaires dans les années à venir.

Le prix, c’est ce que vous payez. La valeur, c’est ce que vous obtenez.

— Warren Buffett

Une action étant une part d’entreprise (revoir la leçon), sa valeur dépend des bénéfices et de la trésorerie que l’entreprise dégagera, pas de l’humeur du jour.

2.Pourquoi le prix s’écarte de la valeur

Il n’est pas rare que le cours d’une grande entreprise varie de 30 % ou plus entre son plus haut et son plus bas de l’année, alors que son activité change beaucoup plus lentement. Le prix intègre les nouvelles du jour, les émotions, les modes, les vendeurs pressés d’obtenir des liquidités.

Benjamin Graham, qui fut le professeur de Warren Buffett, comparait le marché à un associé lunatique, « Monsieur Marché », qui vous propose chaque jour un prix différent pour votre part : tantôt euphorique, tantôt déprimé. Rien ne vous oblige à accepter son offre. Vous pouvez l’ignorer, ou en profiter quand elle s’éloigne nettement de votre propre estimation.

3.Une fourchette, pas un chiffre

Toute valorisation repose sur des hypothèses : croissance des ventes, marges, investissements, taux d’intérêt. Une petite différence sur chacune change sensiblement le résultat. Plutôt que de chercher le chiffre exact, on construit plusieurs scénarios. Voici ceux d’une entreprise fictive :

ScénarioHypothèsesValeur estimée par action
PrudentVentes stables, marges en léger recul32 €
CentralCroissance de 3 % par an, marges stables45 €
FavorableCroissance de 6 % par an, marges en hausse60 €

Aucune de ces valeurs n’est « la bonne ». L’entreprise vaut plutôt entre 32 € et 60 €, avec 45 € comme hypothèse centrale. À 40 €, l’action se situe dans la fourchette : ni manifestement chère, ni manifestement bradée.

Pour construire ces estimations, deux familles de méthodes se complètent. La première compare : combien le marché paie-t-il des entreprises semblables ? Ce sont les multiples. La seconde calcule : combien d’argent l’entreprise produira-t-elle, et combien vaut cet argent aujourd’hui ? C’est le DCF. Quand les deux donnent des résultats très éloignés, une hypothèse mérite d’être revue.

4.La marge de sécurité

Puisque votre estimation peut être fausse, l’idée popularisée par Benjamin Graham est de n’acheter que nettement en dessous de la valeur estimée. L’écart entre les deux, rapporté à la valeur, s’appelle la marge de sécurité.

Marge de sécurité = (valeur estimée − prix) ÷ valeur estimée

Plus une entreprise est difficile à prévoir, plus la marge exigée devrait être large. Ces outils ne disent pas quoi acheter : ils aident à savoir ce que l’on paie.

Quiz · 4 questions

Vérifiez vos acquis

  1. Question 1 sur 4

    Vous estimez une action à 50 €. Elle cote 40 €. Quelle est votre marge de sécurité ?

  2. Question 2 sur 4

    Pourquoi une valorisation sérieuse donne-t-elle une fourchette plutôt qu’un chiffre unique ?

  3. Question 3 sur 4

    Qu’est-ce que le prix de marché d’une action ?

  4. Question 4 sur 4

    Une action a perdu 50 % en un an. Est-elle forcément bon marché ?

Répondez aux questions pour terminer la leçon. Sans compte, la progression reste sur cet appareil