Programme du parcours 0/10
Dans un DCF, le taux d’actualisation pèse autant que les prévisions elles-mêmes : un point de plus ou de moins peut changer la valeur d’un quart. D’où vient ce taux ? Il mesure ce que les investisseurs exigent pour confier leur argent à l’entreprise, compte tenu du risque qu’ils prennent.
1.Le rendement exigé par les actionnaires
Un actionnaire pourrait prêter à l’État sans risque, ou presque. S’il achète une action, il veut davantage, parce que ses et son prix de revente sont incertains. Le modèle le plus utilisé, le MEDAF (CAPM en anglais), découpe ce rendement exigé en trois morceaux :
Rendement exigé = taux sans risque + bêta × prime de risque du marché
| Ingrédient | Ce qu’il représente | Ordre de grandeur |
|---|---|---|
| Taux sans risque | Le taux de l’obligation d’État à dix ans | Environ 3 % à 3,5 % pour l’OAT française en 2025 |
| Prime de risque du marché | Le supplément exigé pour détenir des actions plutôt que des obligations d’État | Les estimations courantes vont d’environ 4 % à 6 % |
| Bêta | La sensibilité de l’action aux mouvements du marché | 1 pour une action moyenne, moins pour une action défensive, plus pour une cyclique |
2.Du rendement exigé au CMPC
L’entreprise est aussi financée par de la dette, moins chère que les actions : les prêteurs passent avant les actionnaires, et les intérêts réduisent l’impôt. Le coût moyen pondéré du capital, le CMPC, fait la moyenne des deux selon leur poids (voir Le DCF).
S’endetter fait d’abord baisser le CMPC, puisque la dette coûte moins. Mais au-delà d’un certain niveau, le risque de faillite fait monter à la fois le coût de la dette et le rendement exigé par les actionnaires. Il n’y a pas de dette gratuite.
3.Pourquoi la hausse des taux fait baisser les actions
Le taux sans risque est la première brique de tous les taux d’actualisation. Quand il monte, toutes les valeurs calculées baissent, et surtout celles des entreprises dont les flux sont lointains : les entreprises de croissance, qui gagnent peu aujourd’hui et beaucoup demain.
C’est ce qu’on a vu en 2022 : les taux à dix ans américains sont passés d’environ 1,5 % à près de 4 %, et l’indice Nasdaq, riche en valeurs technologiques, a perdu environ un tiers sur l’année, bien plus que les indices plus classiques.